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L’emploi et l’économie locale sont dépendants de la démographie, du dynamisme de la région, des atouts et inconvénients d’un territoire, de son histoire. Nous présentons des pistes quant aux orientations à prendre pour rendre notre territoire attractif et dynamique.

constats sur la demographie et l'emploi

1/Démographie

Quel sera le visage de Tarbes dans trente ans ? Les projections de l'Insee ne sont pas des plus encourageantes pour la capitale bigourdane. L'Insee s'est penché sur l'évolution prévisible entre 2007 et 2042 de l’agglomération tarbaise. Sa population en 2042 serait de 123.790 habitants contre 115.609 en 2007, soit une hausse de 7,1%, bien loin des 29,2% prévus pour l’ensemble de la Région Midi-Pyrénées. Conséquence, Tarbes perd sa place de deuxième agglo de Midi-Pyrénées au profit de Montauban et est talonné par Albi.

Autre inquiétude : le vieillissement de la population. Alors qu'aujourd'hui le Grand Tarbes présente une répartition démographique équilibrée (22% de moins de 20 ans, 26% de plus de 60 ans, 52% de 20-59 ans), sa population devrait subir un "coup de vieux" à l'avenir puisque la part des plus de 60 ans passe à 35% au détriment des classes actives (-8%).

2/L'emploi et la création d'entreprises

Un taux de chômage élevé dans les Hautes-Pyrénées ! :

Encore une fois, nous constatons le manque de dynamisme des Hautes-Pyrénées en matière d’emploi. Seule l’Ariège fait pire que les Hautes-Pyrénées, on comprend alors l’importance de réagir rapidement. Ce manque de dynamisme peut se transformer en descente aux enfers lorsque la crise obligera l’Etat à diminuer ses dépenses.

La création d’entreprise plus faible en ville :

Ce graphique indique les créations d’entreprises dans les Hautes-Pyrénées depuis les années 2000 aux années 2011. Il est facile de constater qu’à partir de 2008, il y a eu une forte augmentation de la création d’entreprise. Ceci s’explique par la mise en place du régime de l’auto-entrepreneur. Il y a donc eu un dopage de la création d’entreprise grâce à ce mécanisme. A partir de 2008 et jusqu’à 2010, le nombre de création d’entreprise a augmenté, mais depuis 2010, ce phénomène s’essouffle. De plus ce graphique indique que les créations d’entreprise ont essentiellement eu lieu dans le domaine des services.

En regardant plus en détail le taux de création d’entreprise en 2011 à l’intérieur même des Hautes-Pyrénées, l’agglomération de Tarbes, en taux de créations d’entreprise, est derrière Tournay, Ossun, Saint-Laurent-de-Neste et Lourdes. Le taux de création reste faible sur Tarbes.

La spécificité des Hautes-Pyrénées vis-à-vis de l’emploi de la fonction publique :

Les Hautes-Pyrénées sont relativement bien dotées en matière de fonction publique de l’Etat, agents civils et fonction publique hospitalière avec un taux supérieur au taux moyen de la France métropolitaine. Le taux d’administration de la fonction publique territoriale  est lui dans la moyenne nationale.

A noter également, la présence de nos deux régiments qui participent fortement à la vie économique de l’agglomération.

Il faut donc faire attention à de futures réductions de dépenses de l’Etat qui pourraient avoir un impact assez fort sur l’emploi de l’administration dans les Hautes-Pyrénées et plus particulièrement sur Tarbes.

3/Une urgence: développer l'emploi industriel privé

Il faut mobiliser les moyens pour faire s’implanter une société de taille moyenne (100-400 employés). La ville de Lannemezan avec la société KNAUF INSULATION (Groupe Allemand) et ses 200 salariés montre que cela est possible. Cela aurait pu se faire à Tarbes en 2008, par exemple avec le projet Skylander, un avion moyen porteur qui aurait généré un millier d’emplois.

4/La création de zones d'activités

La création de zone d’activité est intéressante, mais elle est réalisée sans véritable plan de développement, on a l’impression que ce sont des zones d’activités un peu fourre-tout sans apporter une certaine cohérence dans le développement de la zone. Ces nouvelles zones d’activité sont essentiellement investies par des entreprises existantes sans création de nouvelles activités industrielles. On pourrait imaginer développer des zones d’activités de même nature comme le pôle de céramique de Bazet. On pourrait également créer une zone d’activité alimentaire au nord de Tarbes permettant de capter et de compléter les activités de Grimaud ou Euralis…

On pourrait également créer des zones d’artisanat artistique pour la création de lignes de vêtements, de parfums, de plats cuisinés permettant de mutualiser les moyens et de permettre l’émergence de produits pouvant créer de l’emploi sur Tarbes.

Il faut aussi se servir du savoir-faire acquis par le CDDE et l’association Crescendo (malgré ses soucis financiers) pour accompagner les porteurs de projets.

objectifs et positionnement pour l'agglomération tarbaise

Le dynamisme de la Région Midi-Pyrénées ne bénéficie pas à tous les départements. Il existe une concentration sur le bassin d’emploi de Toulouse qui pèse pour 50% de l’emploi de la région midi-pyrénéenne. La majorité des grosses entreprises se situent sur le bassin toulousain. Il faut donc conserver nos sociétés, mais surtout remettre l’emploi au cœur des enjeux locaux afin de ne pas avoir d’exode de population. La proximité des villes d’Albi et de Montauban avec Toulouse favorise leur croissance naturelle en tirant profit du dynamisme de Toulouse. Pour Tarbes, la distance avec Toulouse ne permet pas de profiter du dynamisme de la ville rose. Nous sommes face à une problématique différente, il faut essayer de tirer la croissance ailleurs.

Tarbes seule ne peut pas rivaliser au niveau national pour devenir un pôle urbain qui compte. Mais il faut aussi préciser que ce n’est pas l’objectif. Il faut que Tarbes reste une ville à taille humaine afin de conserver son niveau de qualité de vie. L’objectif n’est pas de faire de Tarbes une métropole urbaine, mais de pérenniser l’emploi et de le développer afin de conserver notre qualité de vie tout en ayant un territoire dynamique sur le plan économique. L’idée est donc de trouver des synergies et de favoriser l’émergence d’un pôle d’activité pour contrebalancer Bordeaux et Toulouse. Ainsi, il y aurait une certaine logique à s’ouvrir à l’ouest vers Pau. On pourrait imaginer répondre à des appels d’offres régionaux et nationaux en mutualisant les compétences des deux bassins d’emploi. Des journées d’échange entre les différents chefs d’entreprise des deux bassins d’emploi pourraient permettre l’émergence de nouvelles activités.

dans cette perspective, nos propositions

Nous constatons un fort développement des infrastructures sur Tarbes avec la création de nouvelles zones d’activité. La création de la rocade nord est aussi un atout pour permettre une meilleur circulation au sein de l’agglomération. Nous disposons d’une bonne ouverture sur l’autoroute avec deux sorties, l’une à l’Est et l’autre à l’Ouest. Nous disposons également d’un aéroport qui permet d’être connecté rapidement à Paris avec 3 vols quotidiens ainsi que des vols vers Londres et Barcelone. On bénéficie aussi de la proximité de l’aéroport de Pau qui offre plus de destinations en France (Lyon et Marseille). La future desserte LGV avec un barreau Béarn-Bigorre permettra également un meilleur maillage des possibilités de transport sur Tarbes et sa région. On peut ajouter le classement de la RN 21 Tarbes-Limoges en voie express avec une finalisation jusqu’à Lourdes.

Nous disposons d’une situation géographique agréable à proximité de la montagne et de l’océan.

Enfin, nous avons un atout non négligeable avec le pôle universitaire et ses 5000 étudiants. Parmi ces 5000 étudiants, il y a des graines d’entrepreneurs. Nous pensons qu’il serait opportun de mettre en place une véritable structure d’accompagnement à la création d’entreprise exclusivement destinée à ces potentiels d’entrepreneurs qu’il faut aller chercher.

Il faut aussi tirer avantage du vieillissement de la population. Les collectivités doivent investir dans des structures dédiées pour lesquelles nous avons un déficit colossal à ce jour. Nous souhaitons mettre en place de véritables petits quartiers pour retraités qui ne ressemblent pas à des maisons de retraites classiques trop proches d’établissements de type hospitalier. L’objectif serait de ne plus associer la maison de retraite à un sentiment d’austérité et de morosité. Il faudrait créer de véritables centres permettant d’accompagner les personnes âgées dans un environnement beaucoup plus ouvert.

Suite à ce constat sur l’emploi et l’économie du bassin d’emploi de Tarbes, nous présentons quelques propositions et axes de développement qu’il nous semble intéressant de mettre en place. Il apparaît clairement, que l’emploi industriel doit devenir la motivation n°1 de la prochaine municipalité, même si la gestion a été transférée au Grand Tarbes. Il faut que cela devienne un véritable challenge. L’analyse permet de démontrer l’effet amplificateur de l’emploi industriel sur les autres types d’emplois. Plutôt que de chercher à structurer l’emploi par des grandes surfaces, il est largement préférable de s’évertuer à créer des emplois industriels qui aboutiront dans tous les cas à des créations d’emploi dans les autres secteurs d’activité.

Pour résumer :

Tarbes manque de dynamisme économique. Avec plus de 5.000 demandeurs d’emploi, Tarbes a un taux de chômage de 20% de la population active, presque le double du taux national. Le Grand Tarbes, collectivité compétente pour le développement économique n’a pas insufflé une stratégie permettant de profiter des infrastructures existantes.

Il est vital pour notre ville qui perd déjà 1% de sa population chaque année, de créer une mobilisation générale pour l’emploi et l’activité économique. Nous devons donc agir dans plusieurs directions :

Accompagnement très poussé pour la création de 20 entreprises d’une vingtaine de personnes en mobilisant les moyens de la pépinière d’entreprise, des hôtels d’entreprises et des ZAC avec la création de box ateliers de 100 à 400m2. Des industries de pointe peuvent être un vecteur de création, à l’exemple de Boostec. Il s’agit de mettre à disposition des locaux et de faciliter les financements et investissements.

Relance du commerce en améliorant le stationnement (1ère heure gratuite, augmentation du nombre de places) et la circulation, en créant une vraie ambiance de centre-ville (zones piétonnes, animations, navettes électriques).

Création d’une zone artisanale car il ya beaucoup de demandes d’implantation pour des structures de 3 à 8 personnes qui ne sont pas satisfaites aujourd’hui. L’artisanat est une vraie opportunité pour Tarbes. Le projet mort né du Grand Tarbes d’implanter une zone à Orleix doit être concrétisé.

Construction d’un centre de congrès, promis depuis des années mais toujours pas réalisé. Cet équipement fixerait à Tarbes plusieurs manifestations permettant de développer l’hôtellerie, la restauration et le tourisme. L’échec de la délégation à la CCI ne doit pas arrêter ce projet. Tarbes doit se positionner sur le segment des congrès à partir de 300 personnes.

Soutien des étudiants-entrepreneurs avec la création d’une antenne au niveau du pôle universitaire tarbais qui permettra d’accompagner tous ces jeunes dans leurs démarches. C’est un enjeu important que de pouvoir garder de jeunes ingénieurs et étudiants formés à Tarbes qui ont envie de créer leur propre activité.

Faire venir à Tarbes une société de 100 à 400 salariés par un intense marketing territorial. Des villes proches de Tarbes le font, pourquoi pas nous ?

 

 

Vous pouvez contacter l'auteur de cette rubrique, Sélim Dagdag :

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